02 novembre 2009
Mouettes rieuses
Les mouettes rieuses ont investi la petite mare du parc St Anne. Il faut dire que l'estuaire du Léguer n'est qu'à quelques mètres de là.
Vous les connaissez tous : elles ont un cri particulier qui, lorsqu'on l'entend, nous fait aussitôt penser à la mer. Et vous les avez tous vues, en grandes nuées, derrière un tracteur qui laboure la terre, cherchant les vers et larves déterrées.
N'hésitez pas à cliquer sur les photos pour les agrandir.
La mouette rieuse n'est pas bien grosse: environ 35 cm et moins de 300 g, avec cependant une envergure s'approchant du mètre.
à droite, à comparer avec le bon gros canard !!
Elle se reconnaît à sa tête de couleur marron foncé. En hiver, après la saison des amours, il ne reste plus que quelques taches noires en arrière des yeux. Les jeunes, eux, n'ont pas encore cet espèce de "capuchon" .
Elle se nourrit surtout d'insectes, de vers, de poissons et mollusques, mais elle peut aussi manger fruits et graines ou déchets variés.
Les mouettes rieuses sont monogames et reviennent toujours au même lieu de nidification, près des marais, des étangs ou des lacs.
La femelle pond 2 à 3 oeufs bruns en avril/mai. Au bout de 3 semaines et demie environ, les jeunes sortent de l'oeuf. Ils quittent le nid au bout d'un mois et demi.
La mouette rieuse hiverne sur les côtes, dans les ports, les marais salants ou les estuaires, jusqu'en ville, dans les parcs avec une pièce d'eau.
19 octobre 2009
Les Ursulines
Cet ancien couvent, à Lannion, fut fondé par Maurice Calloët de Keranvelec, procureur du roi, car sa fille appartenait à cette Congrégation. Sa construction dura une quarantaine d'années et fut terminée à la fin du 17ème siècle. Il était destiné aux Ursulines et servit d'abord de collège. Les premières religieuses, au nombre de huit, arrivèrent en janvier 1659. Elles seront 44 à la veille de la Révolution et elles auront un très grand nombre d'élèves.
Le 19 mars 1660 est célébrée la première messe cloîtrée et en décembre1667 la chapelle est dédicacée à la Sainte Famille.
L'ordre des Ursulines fut fondé en 1537 par sainte Angèle Marici à Brescia en Lombardie. Les soeurs se consacraient à l'enseignement des jeunes filles. La Congrégation s'établit en France dès le début du 17ème siècle grâce à la protection de Marie de Médicis, et à Lannion en 1658.
Les quatre niches, sur la façade de la chapelle, abritaient des statues de la Ste Famille, en pierre de Caen. Actuellement, elles se trouvent à l'église St Jean du Baly, un peu plus loin.
L'architecture est plutôt austère mais tout à fait caractéristique du 17ème.
A la Révolution, les Ursulines furent interdites d'enseignement. La chapelle servit alors de hangar pour le fourrage et aussi de tribunal !
Ensuite, les bâtiments ont abrité une gendarmerie (jusqu'en 1941), une prison (jusqu'en 1965) et un collège municipal.
Les façades et les toitures sont inscrites à l'inventaire des monuments historiques depuis 1971. Restauré, ce couvent a accueilli la Bbibliothèque Municipale pendant quelque temps. Aujourd'hui, il est devenu un lieu de Culture : il s'y déroule des expositions temporaires, des salons, des conférences, congrès et séminaires, des concerts et parfois quelques spectacles.
Sources diverses, en particulier une "Histoire de Lannion, des origines au XIXe" de Pierre de La Haye et Yves Briand.
Le seul reproche que j'aurais à faire est que ses alentours servent de parking... Je n'ai pas réussi à prendre de photo de l'ensemble : il y a des voitures partout, dans les moindres recoins, qui gâchent irrémédiablement la perspective (et obligent à des contorsions pas possibles avec l'appareil photo). Je trouve cela bien dommage. Comme si l'on ne pouvait se garer un peu plus loin et faire quelques minutes de marche !!!
24 septembre 2009
Promenade autour du Léguer
Le Léguer est une rivière qui coule dans les Côtes d'Armor. Elle prend sa source au nord des Monts d'Arrée et va se jeter dans la Manche en baie de Lannion, dans l'anse de la Vierge.
Le Léguer s'étend sur une longueur de 59 km, puis s'évase en un estuaire de presque 9 km.
l'estuaire à la sortie de Lannion
La vallée qui l'abrite est très encaissée avec des versants boisés. Dans sa course, il passe au pied du château de Tonquédec.
Il est malheureusement, comme beaucoup de cours d'eau aujourd'hui, victime de pollutions industrielles et, du fait que les agriculteurs cultivent le haut des berges, le taux de nitrates et de pesticides y est assez élevé par endroits, bien qu'il tende à s'améliorer.
On peut y pêcher des truites fario et des saumons d'Atlantique. Sur ses rives, on trouve des hérons cendrés, des loutres et des barbastelles d'Europe ( chauves-souris). On raconte que le 30 mars 1938, eut lieu une "pêche miraculeuse" : des tonnes de sardines furent prises, à marée basse, dans des filets que les pêcheurs du Yaudet avaient posés à l'embouchure.
A Lannion, du fait de la proximité de l'embouchure, le niveau varie de plusieurs mètres selon les marées. On y a construit un stade d'eau vive pour le canoë-kayak. Il est recouvert à marée haute et un barrage permet de retenir l'eau et de la relâcher sur le parcours à marée basse, permettant ainsi son utilisation.
Source

petit barrage canal de retenue
Un peu d'histoire :
A l'époque gallo-romaine, un petit village ( Le Yaudet) s'était créé à l'embouchure, dans l'anse de la Vierge. Puis au 5ème siècle, les commerçants remontèrent l'estuaire jusqu'à un édifice religieux nommé Lann. De là, l'origine de la ville de Lannion.
La vie des habitants était rythmée par les marées.
Au 17ème siècle, le duc d'Aiguillon, lieutenent général du roi, venu prendre les eaux ferrugineuses, fit construire des quais (dont l'un porte son nom).
Une petite légende :
Il y avait un jeune bûcheron qui était célibataire et entendait bien le rester et profiter de la vie. En semaine, il travaillait dans la forêt. Mais, chaque dimanche, il traversait la rivière à marée basse et allait au café de Marie-Jeanne, qui lui préparait une bouteille d'eau de vie à emmener chez lui. Un soir, ayant oublié l'heure à boire, il resta bloqué sur la rive par la marée qui était remontée. Il fut alors assailli par des milliers de lutins, les terribles korrigans sans doute. Il était en fort mauvaise posture, mais grâce à sa musique et à Marie-Jeanne (qui, devinant ce qui l'attendait, avait remplacé, dans sa bouteille, l'eau de vie par de l'eau bénite ce soir-là), il fut sauvé. Il décida alors d'épouser Marie-Jeanne. Et, bien sûr, ils furent heureux et eurent beaucoup d'enfants.......
Source (cliquer sur la rubrique "audio" puis sur "histoire, contes et légendes")
dans l'estuaire encore
17 août 2009
Des petits et des grands voiliers.....
Jeudi après-midi, malgré un temps "humide" et gris, nous sommes partis faire un tour à la mer. Comme elle est toute proche, c'est l'une de nos balades favorites : elle est toujours belle quelque soit le temps.
au fond, le phare de Ploumanach, depuis la presqu'île Renote, un des coins préférés des enfants
un petit voilier passe tout près de la côte
"grimpette" dans les blocs de granit pour ma fille et les enfants
Comme je suis sujette au vertige, je me contente de prendre les photos !!!!
A la fin de la promenade, nous découvrons au large, perdu dans la brume, ce magnifique voilier !
Du rêve, rien que du rêve, instant magique....
(une photo "rapprochée" - objectif réglé sur l'équivalent d'un 500mm - de ce "vaisseau fantôme" sur mon autre blog)
Malgré une météo peu souriante, il y a beaucoup de touristes venus de toute la France et de l'étranger, pour admirer, découvrir et escalader cette partie si belle de la Côte de granit rose, entre Trégastel et Perros-Guirrec. Et la brume, le crachin, la grisaille ne semblent pas les retenir. En revenant, nous avons regardé les plaques d'immatriculation avec les enfants...il y avait plus de voitures venant d'ailleurs que de numéros 22 !!!! Bien sûr, dès que l'on s'éloigne un peu de la côte, la proportion s'inverse.....
04 août 2009
Le moulin à marée de Trégastel
C'est une petite visite faite avec les enfants un après -midi de juillet.
Ce moulin à marée se trouve entre Perros-Guirrec et Trégastel. Il a été construit en 1764, mais ne fonctionne plus depuis 1932, date de la mort du dernier meunier. Il servait à moudre le grain, mais aussi à écraser le sel et à travailler le lin. Le premier moulin à marée de Trégastel datait de 1375.
A l'intérieur, on peut encore voir une partie des mécanismes partiellement restaurés : roues, trémies et meule. Une petite exposition de photos raconte son histoire et son fonctionnement.
cliquer sur la photo pour agrandir
Un moulin à marée utilise le flux et le reflux de la marée comme énergie.
A marée montante, l'eau remplit, par des portes à clapet, un bassin de retenue situé derrière une digue.
Lorsque la marée est descendante et que la différence de niveau entre mer et bassin est suffisante, des vannes s'ouvrent pour laisser s'écouler l'eau de la retenue dans la mer, faisant ainsi tourner les roues.
Ce type de moulin ne fonctionnait donc qu'une partie de la journée.
Dans la région, on peut visiter le moulin de l'ïle de Bréhat qui, lui, est en activité.
Le moulin à marée date du Moyen-Age. On en trouvait surtout en Bretagne, car il faut à ce genre d'édifice des conditions bien particulières. De plus, c'est un système assez couteux et assez compliqué.
Aujourd'hui, l'usine marémotrice de la Rance utilise le même principe pour fabriquer de l'électricité.
17 juillet 2009
Orpailleurs d'un jour.
Nous sommes tous allés jouer les orpailleurs d'un jour dans un petit ruisseau, avec le Centre de la Rivière de Belle-Ile en Terre.
Une jolie promenade, malgré quelques averses, et une expérience amusante. Et passionnante pour les enfants. Même si nous n'avons pas trouvé la moindre paillette d'or, nous avons ramassé quelques morceaux d'améthyste.
Depuis les Gaulois jusqu'en 1815 environ, on a pratiqué la recherche de l'or en France. On assiste, depuis une dizaine d'années à un renouveau de cette activité.
On peut trouver de l'or dans différentes régions : Massif Armoricain, Massif Central, Pyrénées, Alpes et Est. Il est en paillettes, minuscules, de l'ordre de quelques mm, ou en pépites, à peine plus grosses, et on le "récolte" dans les plages de sable ou de graviers des rivières aurifères.
Quelques outils sont nécessaires : un pelle, un tamis et une batée ou un pan. La batée (le pan en est une variante) est un récipient en forme de cône (chapeau chinois !) dont le fond peut être aplati ou non, en métal ou en plastique, qui permet de séparer l'or du sable.
On récupère quelques pelletées de sable que l'on dépose dans le tamis. En dessous, la batée.On élimine ainsi les plus grosses particules qui restent dans le tamis. Dans la batée on recueille les particules plus légères. Puis, on l'agite sous l'eau et on élimine le sable le plus léger par des mouvements tournants, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'une petite pincée, en principe noire. On penche légèrement la batée et on obtient une traînée dans laquelle se trouvent les paillettes, s'il y en a.
Pour en être sûr, il faut regarder la couleur : un peu plus jaune que le cuivre. Et écraser la paillette avec l'ongle, si elle se casse ou se délite, c'est seulement de la pyrite, du mica ou des graviers. Sinon, c'est bien de l'or...vous êtes un petit veinard !!!
L'or ayant une densité supérieure à celle du plomb, il tombe au fond de l'eau et du sable de la rivière. Les particules brillantes que l'on peut voir en quantité en surface n'en sont pas.
Dans les cas d'exploitation intensive, les paillettes d'or sont amalgamées avec du mercure que l'on fait évaporer ensuite en le chauffant. Ce mercure pollue gravement l'environnement et intoxique les orpailleurs qui le respirent. Dans l'exploitation industrielle, on utilise du cyanure, ce qui n'est pas mieux.
02 juillet 2009
A la Ferme Enchantée
Mercredi après-midi, je suis allée avec ma petite fille visiter la Ferme Enchantée. C'est un endroit formidable pour les enfants : on y nourrit les chèvres, les moutons, les poules, les coqs et les canards. Des paons superbes y font la roue devant leur paonne.

un mouton à cornes vrillées
elles lui servent à creuser la terre en hiver
On peut aussi y adopter un lapin pour l'après-midi et le promener dans une mini-brouette ou dans une caissette en bois : les enfants adorent !!! Voici celui de ma princesse :
N'est-il pas mignon ?
Et surtout, il y a des ânes, des ânesses et des ânons (âgés de 15 jours à 3 mois, nous a-t-on dit) que l'on peut brosser.
Il y a aussi des grandes tables en bois avec des bancs et on peut amener son goûter et le manger sur place.
Un sympathique endroit où il fait bon, même par grande chaleur...Nous y avons passé un très bon après-midi.
A propos des ânes......
Voilà un animal qui a beaucoup été utilisé en littérature. Et que l'on retrouve dans un grand nombre d'expressions. En voici quelques unes moins connues.
Etre comme l'âne de Buridan : hésiter entre deux partis sans pouvoir se décider pour l'un ou pour l'autre. Une histoire symbolique raconte que l'âne de Buridan (philosophe) placé entre un seau d'eau et une botte de foin mourut de faim et de soif car il n'avait pu choisir.
Brider un âne par la queue : faire quelque chose avec maladresse.
A laver la tête d'un âne, on perd sa lessive : c'est peine perdue que de vouloir corriger une personne stupide.
Etre sérieux comme un âne qu'on étrille.
C'est le pont aux ânes : c'est une difficulté qui ne peut arrêter que les ignorants.
Ne pas se trouver dans le pas d'un âne : ne pas se trouver facilement.
(Source : "Le grand Robert de la Langue Française")
05 mars 2009
La lande de Ploumanac'h et son phare
Voilà un site TRES touristique de la côte de Granit Rose, entre Perros-Guirrec et Trégastel. C'est un endroit vraiment magnifique et je pense que ceux qui le connaissent ne me démentiront pas.
En breton, Poull ar manac'h signifie " la mare au moine".
Quelques mots sur le phare :
La passe est étroite avec des courants très forts. Aussi, un premier phare fut-il construit en 1860, avec du granit gris de l'Ile Grande. Il fut détruit le 5 août 1944 par l'armée allemande et on édifia un nouveau phare, automatique celui-là, en granit rose. La portée de son feu rouge est d'environ 20 kilomètres.
La lande :
Elle s'étend sur un territoire de 300 hectares et offre de magnifiques paysages de chaos granitiques.
Le granit rose de ces blocs a plus de 300 millions d'années. Sa couleur est due au feldspath qui domine à 50% dans la composition. Il y a aussi 30% de quartz gris ( qui donne sa dureté à la roche) et du mica noir.
Les blocs ont subi une très forte érosion par l'eau, le gel et le sel. Certains ont basculé ou ont été transportés au cours de ce phénomène, donnant ainsi de fantastiques sculptures naturelles aux formes étranges qui laissent libre cours à l'imagination de chacun. Les plus spectaculaires ont reçu des noms "officiels" : le "lapin", la "marmotte", le "caméléon", la "gueule de requin", la "tortue", la sorcière", la "patte d'éléphant".......

la "tortue"
Marie et ma Princesse à côté,
afin de donner une idée de la taille de ces rochers !
Cette lande est fragile. Elle a subi trois marées noires qui l'ont ravagée (par le passage de camions entre autres, pour le nettoyage de la côte) : Torrey Cayon en mars 1967, Amoco Cadiz en mars 1978 et Tanio en mars 1980.
En 1996, un programme de réhabilitation a été lancé. Il commence à porter ses fruits et la lande se régénère tout doucement.
Ce site exceptionnel mérite d'être respecté et protégé par les nombreux visiteurs qui s'y promènent. Il faut absolument éviter de le piétiner en restant bien sur les sentiers aménagés et se souvenir que toute cueillette y est interdite.
J'ai pris ces photos en février, un jour où le temps était brumeux. Les rochers sont beaucoup plus magiques lorsqu'il y a du soleil, aussi ... j'ai préféré photographier la mer qui, elle, était très belle, très "bretonne" !
Et voici quelques exemplaires de la faune qui habite ces lieux !!

là, tout simplement une mouette ?
07 février 2009
Eglises bretonnes (4) : Notre-Dame du Yaudet
Comme promis, voici la fin de la promenade sur le site historique du Yaudet : la chapelle.
L'édifice actuel, construit en 1860, a été érigé à la place d'une ancienne chapelle datant de 1493 (dite "église de la Vieille Cité") et détruite en 1858. Certains éléments ont cependant été conservés, en particulier les deux portails nord et sud, de style gothique flamboyant du 15ème siècle.
Elle est en granit et on a ajouté sur le chevet, au siècle dernier, une sacristie à trois pans.
De style Beaumanoir (relire la première partie sur le site du Yaudet), elle posssède donc un clocher-mur, avec une tour d'accès comportant un escalier à vis.
Autour de l'enclos paroissial, on peut encore voir un "échallier".
L'échallier est ici une sorte de barrière en pierre séparant le clos des prés environnants, le monde des vivants du monde des morts, et que l'on devait enjamber pour pénétrer dans l'enceinte : on imagine la difficulté pour les bretonnes en robes longues et hautes coiffes de dentelle !!
A l'intérieur, on trouve le fameux rétable de la Vierge couchée (assez rare, mais il en existe plusieurs en Bretagne, dont une à Perros-Guirrec), ayant à ses côtés son enfant nouveau-né et datant du 17ème siècle.
On raconte que les Romains, pour éviter la colère de la population du lieu, ont bâti un temple, à leur arrivée. Ils y auraient représenté la déesse Cybèle (déesse de la Terre et de la fertilité) allaitant un enfant. Lorsque les moines bretons sont arrivés à leur tour, au 6ème siècle, ils auraient juste recouvert la déesse d'un drap pour qu'elle soit plus décente.
Autrefois, une messe solennelle était célébrée chaque 1er mars dans la chapelle : cette date correspondrait à celle de la fête celte de Beltain qui célébrait la resurrection de la nature.
On peut aussi admirer quelques maquettes ex-votos de bateaux de pêche, mais il semblerait que la date à laquelle ils ont été déposés là n'est pas connue. L'une d'entre-elles participe aux processions. Un Pardon a lieu tous les 15 aout.
22 janvier 2009
Le site historique du Yaudet
Le Yaudet, situé à quelques kilomètres de Lannion, sous-préfecture des Côtes d'Armor, est un site qui date du Néolithique, quand il accueillit les premiers habitants du coin, grâce à sa position stratégique, promontoire dominant l'anse de la Vierge, dans la baie de Lannion. Aujourd'hui, il intéresse beaucoup les archéologues : les dernières fouilles ont eu lieu de 1991 à 2002.

l'anse de la Vierge et la baie de Lannion, depuis le promontoire
On y a découvert des outils de silex, des morceaux de poteries, des épées, des monnaies gauloises, romaines et phéniciennes ( la présence de ces dernières semblant indiquer que ce port se trouvait sur la route de l'étain).
On y faisait sans doute du commerce dès le 1er siècle avant J-C. Le site subit alors l'invasion romaine et resta occupé jusqu'au 5ème ou 6ème siècle. Un mur de pierres maçonnées (3ème siècle) dont on trouve encore des traces aurait appartenu à un ensemble de fortifications contre les pirates venus de la mer du Nord.

une porte fortifiée romaine faite de pierres "cimentées"
Puis, les premières populations celtes arrivèrent des îles britanniques et le Yaudet, finalement ruiné, devint "la vieille cité" - Coz-Yeodet ou Le Yaudet. C'est à ce moment que Lannion prit son essor.
Quelques images sur ce site historique :

les rochers Beaumanoir
( du nom de deux frères - constructeurs de chapelles morlaisiens - ayant "inventé" deux détails d'architecture :
le clocher-mur et le chevet à noues multiples qui permet d'élever et d'éclairer une église)
sont des rochers de granit, avec des fissures verticales rectilignes :
ils servaient de carrière de pierre pour les constructions de la région.

la fontaine de la Vierge
( le lavoir et la fontaine que l'on peut voir aujourd'hui ont été construits en 1701, date gravée dans la pierre)
a une légende.
Le roi d'Hibernie ( anciennement Irlande, je crois ?) et celui de Bretagne marièrent leurs enfants, Efflam et Enora, pour faire la paix. Mais ces derniers ont fait un voeu de chasteté. Efflam a également promis d'aller fonder un monastère en Armorique. Il s'installe donc à Plestin-les-Grèves. Enora part alors sur une petite barque en cuir pour retrouver son mari. Elle aborde sur le site du Yaudet et s'échoue sur le rivage à marée basse - d'où la fontaine de la "Vierge" - puis se rend au refuge d'Efflam. Elle est poursuivie par le seigneur des lieux., Celui-ci, bien que retenu par une force invisible, réussit à la rejoindre à la porte de la cabane d'Efflam et va la saisir lorsqu'il est immobilisé par une force surnaturelle. Efflam accueillit alors Enora avec "grand respect" mais le serment de chasteté ne fut pas rompu !
Il y a une autre légende mettant en scène le même Efflam avec le roi Arthur et un dragon.
la pierre branlante est plutôt spectaculaire, énorme rocher qui tient en équilibre depuis des siècles,
l'eau et l'érosion ayant créé ce phénomène.
Les blocs de rocher ont roulé et ont formé ces sortes de chaos.
On parle aussi d'un tremblement de terre qui aurait bousculé ces masses de granit
En surplomb de l'estuaire du Léguer,
on trouve cette petite maison de granit et de schiste
qui date du 18ème siècle ( de la fin du règne de Louis XIV)
et qui faisait partie du système de défense côtier contre les invasions anglaises.
De là, les gardes surveillaient la mer et donnaient l'alerte en cas de danger.

vue du port du Yaudet depuis les hauteurs du site
La promenade se termine par la chapelle du Yaudet qui possède une Vierge couchée dont je vous raconterai l'histoire la prochaine fois.













































