24 juin 2008
Un petit détour chez les korrigans
C'est bientôt les vacances, l'époque des promenades au clair de lune, à la fraîcheur. C'est si agréable ! Mais, attention, ne sortez pas seuls dans la lande bretonne. De drôles de petits êtres farceurs vous guettent pour vous entraîner dans une folle ronde jusqu'au lendemain matin !
En effet.......
Il existe, dans le légendaire breton, toute sortes de personnages étranges : fées, lutins, elfes, gnomes, lavandières.... et korrigans !
A l'origine, le mot vient très certainement de "korr" qui veut dire "nain" dans les récits du Moyen-Age. Les korrigans sont des tout petits hommes, enfants des fées, très laids et méchants.
Tout le monde n'est pas d'accord sur leur mode de vie, leur caractère ou leur apparence.
Ils feraient une trentaine de centimètres au maximum, afin de pouvoir se cacher dans les herbes, les genêts ou les fentes des rochers. Ils se cacheraient aussi dans les menhirs, dolmens et autres allées couvertes.... et pourraient même se rendre invisibles. On raconte qu'ils seraient victimes d'une malédiction divine.
Ils porteraient des bonnets ou des chapeaux, seraient tout ridés, avec des pieds de boucs ou des ailes ou encore des griffes.
Ils vivraient en communauté le plus souvent et seraient très riches. On dit qu'ils sont très malicieux et aiment jouer des tours aux humains. Si l'on se promène seul sur la lande, à la nuit tombée, il paraît qu'ils nous entraînent dans des rondes endiablées et infernales jusqu'à l'aube. Ils aimeraient beaucoup attraper des jeunes filles pour les embrasser dans le cou !
Et ils seraient impitoyables avec les méchants et les orgueilleux, mais il est aussi possible de s'attirer parfois leur bienveillance.
Quelques recettes pour les éloigner : une fourche, un chapelet ou un brin de verveine, de l'eau bénite les tiendraient à distance. Mettre un vase plein de graines ou de sable au pied de son lit suffirait à éviter qu'ils ne viennent faire du "chahut" dans la maison. Un collier de coquilles d'oeufs permettrait de les écarter des chevaux et d'éviter ainsi qu'ils ne les volent pendant la nuit.
Un livre très sympa sur tous ces petits êtres de légende :"Fées, Korrigans et autres créatures de Bretagne" de Philippe Le Stum aux éditions Ouest-France.
11 décembre 2007
De Saint Nicolas au Père Noël
Pour compléter le message sur Saint Nicolas, voici comment il est devenu Père Noël.
Amenée donc par les hollandais dans leurs bagages, la coutume de St Nicolas (ou Santa Claus) arrive aux Etats-Unis.
Un pasteur américain, Clément Clarke Moore écrit une histoire pour ses enfants "A visit from St Nicholas" où il montre St Nicolas sous la forme d'un personnage un peu "rondouillard", débonnaire, qui distribue des cadeaux aux enfants et se déplace sur un traîneau tiré par huit rennes (le neuvième n'apparaîtra qu'en 1939 avec son nez rouge pour guider les autres dans la nuit). Cette histoire va être publiée pour la première fois le 23 décembre 1823, dans le journal "Sentinel", puis elle sera reprise, traduite et diffusée peu à peu dans le monde entier. C'est dans les années 1860 qu'un journal new-yorkais, sous le crayon de son illustrateur et caricaturiste, Thomas Nast, présentera notre Saint Nicolas vêtu d'un costume rouge orné de fourrure, d'une large ceinture et avec une grande barbe blanche.
Cette image fut utilisée par Coca-Cola en 1931 à des fins publicitaires et c'est ainsi que le Père Noël devint célèbre dans le monde et revint en Europe "remplacer " St Nicolas.
Mais en fait, Père Noël et Saint Nicolas ne font qu'un !!!! Père Noël est juste un ..."produit dérivé" !
Et merci à Malela pour le lien sur son blog. ( http://malela.canalblog.com )
05 décembre 2007
Saint Nicolas
Quand j'étais petite fille, on fêtait la Saint Nicolas, dans la nuit du 5 au 6 décembre. A cette occasion, nous recevions des cadeaux. Oh ! très modestes : une orange, des chocolats, un pain d'épices, parfois, les bonnes années, un petit jouet, apportés par Saint Nicolas. En échange de ces friandises, nous déposions, le soir, devant la porte, quelques douceurs (sucres et carottes) pour son âne. Pour les enfants qui n'étaient pas sages, Père Fouettard, son compagnon tout de noir vêtu, distribuait des verges de genêt ou de bouleau pour les "fouetter" ! J'ai le souvenir d'une course poursuite autour d'une table, entre mon cousin, qui n'était jamais sage, et ce terrible Père Fouettard ! ....Qui m'avait terrorisée, pendant que les adultes avaient dû beaucoup rire !!!
C'est une tradition qui se perd dans la nuit des temps et qui est remplacée , à l'heure actuelle, par le Père Noël.
Saint Nicolas est aussi le patron de la Lorraine, des hommes à marier, des bateliers, des marins, des avocats, le protecteur des enfants,etc ....
Son histoire est sujette à controverse car il existe peu de documents sur sa vie.
Il est né vers 270 après J-C, à Patra, port fondé en Asie Mineure par les Grecs, où l'on célébrait le culte d'Apollon. Il est devenu évêque de Myre en succédant à son oncle et aurait fait beaucoup de miracles. Il fut emprisonné par l'empereur Dioclétien, qui poursuivait les Chrétiens, puis libéré par Constantin. Il serait mort un 6 décembre.
Il fut enterré à Myre et ses ossements furent volés en 1087 par des marchands italiens et ramenés à Bari, dans leur pays.
La légende des trois petits enfants lui est attribuée à tort semble-t-il car elle est postérieure aux vies du Saint les plus anciennes : elle n'apparaît chez nous qu'à la fin du 12ème siècle, en latin sous la forme d'une comédie et en français dans un poème. Cela semble être une invention occidentale.
Cette légende raconte que Saint Nicolas aurait sauvé trois enfants qui, s'étant perdus, avaient demandé l'hospitalité à un boucher. Celui-ci les tua puis les mit au saloir. Sept ans plus tard, le saint passant par là demanda au boucher de lui servir de ce petit salé. Alors le boucher s'enfuit et Saint Nicolas s'assit sur le bord du saloir, leva trois doigts et les enfants furent ressuscités. C'est le thème de la chanson de St Nicolas et de nombreuses illustrations (images d'Epinal, par exemple) !
la chanson de St Nicolas : image d'Epinal
Il est vénéré en Allemagne depuis le 10ème siècle et dans les pays nordiques ainsi que le nord et l'est de la France.
Lorsque les Hollandais et les Allemands émigrèrent aux Etats-Unis, au 17ème, ils amenèrent leurs coutumes avec eux et Saint Nicolas y devint "Santa-Claus". Il nous est depuis revenu sous la forme du Père Noël.
Je ne résiste pas au plaisir d'ajouter cette caricature datant du 16ème siècle, Saint Nicolas patron des gros mangeurs (Musée du Louvre) :
Sources : "Saint Nicolas" de Colette Méchin édité par Berger-Levrault en 1978.
31 octobre 2007
Les légendes bretonnes : l'Ankou
ou "l'ouvrier de la mort"
C'est une figure très importante de la mythologie de Basse-Bretagne qui apparaît déjà dans des écrits du Moyen-Age.
L'Ankou se présente sous deux aspects. Soit, un homme grand et maigre, avec de longs cheveux blancs surmontés d'un chapeau de feutre. Soit, un squelette drapé d'un linceul. Il tient à la main une faux dont le tranchant est en dehors. Il se tient debout dans une charrette tirée par deux chevaux : celui qui est devant est très maigre et efflanqué, celui qui suit est gras avec le poil luisant. Il est accompagné de deux personnages à pied, dont l'un conduit le cheval par la bride et l'autre ouvre portes et barrières et charge les morts fauchés par l'Ankou dans la charrette.
La légende raconte que le dernier mort de l'année de la paroisse devenait à son tour l'Ankou pour un an.
Il ne fallait jamais entrer dans une maison neuve pour la première fois : l'Ankou était installé sur le seuil pour faucher la première personne qui entrait. Un seul moyen pour l'éloigner : il fallait lui donner la vie d'un animal domestique, chien, chat, poule, même un oeuf suffisait s'il avait été couvé.
Cette dernière histoire est racontée dans la "Légende de la Mort" d'Anatole Le Braz, publiée en 1893. Dans cet ouvrage, l'auteur a rassemblé de nombreux récits et témoignages recueillis dans les provinces d'Armor et d'Argoat sur les traditions bretonnes relatives à la mort. Dans tous ces textes on peut constater que les gens inventaient beaucoup d'histoires, où finissaient par se mêler intimement réel et imaginaire, pour se familiariser avec l'idée de l'Au-Delà.






