de Muriel Barbery
Prix des Libraires 2007

Muriel Barbery est agrégée de philosophie et professeur en IUFM. Elle a publié un premier livre en 2000 : "Une gourmandise".

P8120001L'histoire se déroule dans un hôtel particulier parisien où se côtoient deux mondes : celui des "petites gens" ( la concierge, la femme de ménage) et la haute bourgeoisie...
   Deux narratrices prennent la parole alternativement : Renée Michel, la concierge, "veuve, petite, laide et grassouillette ... des oignons aux pieds et ... une haleine de mammouth", et Paloma, 12 ans, surdouée et qui a décidé de se suicider le jour de son treizième anniversaire.
   Renée aime la musique, la peinture, l'art asiatique, les livres ( "Guerre et Paix" de Tolstoï est son préféré, elle en connaît des passages par coeur ! ) et la philosophie. Mais elle cache cette érudition aux locataires pour se conformer à l'image qu'ils se font de son rôle : leur apporter leurs paquets et vider les poubelles ! ! Jusqu'au jour où arrive Kakuro Ozu, qui a l'intelligence du coeur et ne juge pas sur des apparences. Ces trois personnages vont se "trouver".
La fin est totalement inattendue et bouleversante.

On pourrait presque dire qu'il n'y a pas d'histoire, seulement des portraits et des descriptions, absolument savoureux ( j'ai vraiment aimé !) : il faut surmonter un début d'ennui et attendre une bonne moitié du livre pour que le récit s'accélère un peu.

Deux visions du savoir s'opposent : celle de Renée qui, à travers la culture, recherche la beauté de l'âme et celle de certains habitants  de l'immeuble qui ont surtout le désir de briller devant les autres.

Ce n'est pas un livre facile : il est imprégné de connaissances en philosophie et de références qui ne sont pas forcément connues de tous.L'écriture est parfaite, le vocabulaire est très riche, mais parfois trop recherché et difficile. C'est cependant un livre agréable, atypique et avec lequel on passe un bon moment.

Mais, la comparaison souvent faite avec "Ensemble, c'est tout" d'Anna Gavalda ( que j'ai trouvé bien meilleur ) me semble excessive : ce n'est ni le même rythme, ni le même style, ni la même histoire.